Prison pour gays en Turquie
Un projet turc fait parler de lui : une prison spécialement dédiée aux homosexuels. Cette annonce a été faite par le ministre Bekir Bozdag lors d’une séance au Parlement. Malgré l’argument officiel selon lequel cette mesure vise à protéger certains détenus, elle suscite plus de craintes que d’espoirs et est jugée inacceptable par beaucoup.
Une prison pour gay, fini l’isolement
Selon le ministre, il est crucial de protéger la communauté gay qui, dans une prison normale, fait face à un isolement double. En plus d’être mis à l’écart par les autres détenus, les gays subissent des violences physiques et diverses formes de maltraitance, sous le regard des gardiens (qui ne sont pas forcément impuissants !). La création d’une prison spécifique pour les gays serait-elle la solution ?
Les conditions de détention actuelles dans une prison

Selon cet élu, les autorités carcérales forceraient les nouveaux détenus à révéler leur orientation sexuelle. L’année dernière, 79 détenus sur 100 000 ont admis leur orientation. Même s’il n’y a pas de loi spécifique à ce sujet, la réalité est différente et cela tend à isoler davantage les homosexuels et les transsexuels. Le problème est qu’ils ne sont qu’une minorité dans une prison mixte, ce qui les conduit à une solitude et un isolement presque total. La punition est également plus sévère ; une justice à deux vitesses ? Les défenseurs des droits de l’homme sont préoccupés par ce projet qu’ils considèrent comme intolérable. La discrimination envers les homosexuels et les transsexuels serait accentuée dans un pays où ils ne sont déjà pas les bienvenus.
Du jamais-vu
La création d’une prison exclusivement destinée aux homosexuels en Turquie peut sembler impensable dans un pays où la discrimination est monnaie courante. Certains pourraient y voir une mesure visant à protéger la communauté gay et à leur offrir un peu de dignité, mais d’autres critiquent cette initiative. Il s’agit cependant d’une première à l’échelle mondiale, bien que certains établissements pénitentiaires américains aient déjà des secteurs réservés aux homosexuels et transsexuels.
On divise au lieu d’associer
Murat Koylu, porte-parole du groupe Kaos GL, critique le gouvernement turc pour son projet de punir les homosexuels en les isolant davantage de la société. Il estime qu’il serait préférable de créer des espaces ouverts où chacun peut partager son vécu. De son côté, l’homophobie est bien présente en Turquie, où des insultes peuvent parfois dégénérer en violences. En 2010, la ministre de la Famille et de la Femme a même déclaré que l’homosexualité est une maladie qui peut être traitée, provoquant l’indignation dans la communauté gay. Bien que ce projet absurde en soit encore à ses prémices, il est fort probable que cela suscite une nouvelle vague d’indignation chez la communauté gay et ses défenseurs.